lundi 8 octobre 2018

Le soleil brille à pleins feux 
Mais je ne vois que tes yeux 
La blancheur de ton corps nu 
Devant mes mains éperdues 
Viens, ne laisse pas s'enfuir 
Les matins brodés d'amour 
Viens, ne laisse pas mourir 
Les printemps, nos plaisirs 

L'amour c'est comme un jour 
Ça s'en va, ça s'en va l'amour 
C'est comme un jour de soleil en ripaille 
Et de lune en chamaille 
Et de pluie en bataille 
L'amour c'est comme un jour 
Ça s'en va, ça s'en va l'amour 

C'est comme un jour d'un infini sourire 
Une infinie tendresse 
Une infinie caresse 

L'amour c'est comme un jour 
Ça s'en va mon amour 

Notre été s'en est allé 
Et tes yeux m'ont oublié 
Te souviens-tu de ces jours 
Où nos cœurs parlaient d'amour 
Nous n'avons pu retenir 
Que des lambeaux de bonheur 
S'il n'y a plus d'avenir 
Il nous reste un souvenir 

L'amour c'est comme un jour 
Ça s'en va, ça s'en va l'amour 
C'est comme un jour de soleil en ripaille 
Et de lune en chamaille 
Et de pluie en bataille 
L'amour c'est comme un jour 
Ça s'en va, ça s'en va l'amour 

C'est comme un jour d'un infini sourire 
Une infinie tendresse 
Une infinie caresse 
L'amour c'est comme un jour 
Ça s'en va mon amour


Charles Aznavour
Photo AFP HO©




lundi 1 octobre 2018

Je voudrais que mon chagrin si vieux soit comme le gravier dans la rivière: tout au fond.
Mes courants n'en auraient pas souci.

Maison mentale.
II faut en occuper toutes les pièces, les salubres comme les malsaines, et les belles aérées, avec la connaissance prismatique de leurs différences.

C'est quand on ne s'y reconnaît plus, ô toi qui m'abordas, qu'on y est.
Souviens-t'en.

La foudre libère l'orage et lui permet de satisfaire nos plaisirs et nos soifs.
Foudre sensuelle! (Hisser, de jour, le seau du puits où l'eau n'en finit pas de danser l'éclat de sa naissance.)

II y eut le vol silencieux du temps durant les millénaires, tandis que l'homme se composait.
Vint la pluie, à l'infini; puis l'homme marcha et agit.
Naquirent les déserts; le feu s'éleva pour la deuxième fois.
L'homme alors, fort d'une alchimie qui se renouvelait, gâcha ses richesses et massacra les siens.
Eau, terre, mer, air suivirent, cependant qu'un atome résistait.
Ceci se passait il y a quelques minutes.

Détesté du tyran quel qu'en soit le poids.
Et pour tout alpage, l'étincelle entre deux flammes.

Il arrive que des actions légères se déploient en événements inouïs.
Qu'est-ce que l'inepte loi des séries comparée à cette crue nocturne?

René Char / Aromates Chasseurs

Photo J. Robert ©



mardi 25 septembre 2018


Tu m'oublies terriblement.

Guillaume Apollinaire/ Lettres à Lou/ 24 décembre 1914


Photo Xatırla Məni

lundi 24 septembre 2018

Les mots sont posés à mes deux oreilles
Et le moindre cri les fait s’envoler. 

Pierre Reverdy


Photo M@claire© - Martinique Août 2010

lundi 17 septembre 2018

Vous ne saurez jamais que votre âme voyage
Comme au fond de mon coeur un doux coeur adopté
Et que rien, ni le temps, d'autres amours, ni l'âge
N'empêcheront jamais que vous ayez été;

Que la beauté du monde a pris votre visage,
Vit de votre douceur, luit de votre clarté,
Et que le lac pensif au fond du paysage
Me redit seulement votre sérénité.

Vous ne saurez jamais que j'emporte votre âme
Comme une lampe d'or qui m'éclaire en marchant;
Qu'un peu de votre voix a passé dans mon chant.

Doux flambeau, vos rayons, doux brasier, votre flamme
M'instruisent des sentiers que vous avez suivis,
Et vous vivez un peu puisque je vous survis.

Marguerite Yourcenar
Les Charités d’Alcippe (1929) Gallimard




jeudi 13 septembre 2018

Il y a quelque chose qui n’appartient qu’au lieu où on est né. 
Tout le monde ne le sait pas. 
Il n’y a que ceux qui sont arrachés de force qui le savent.

 Margaret MAZZANTINI -  La mer, le matin



mercredi 12 septembre 2018


Je fus la plus silencieuse
de toutes celles qui firent le voyage jusqu'à ton port. 

Les lubriques cérémonies sociales ne m'annoncèrent pas,
ni les sourdes cloches des réflexes ancestraux;
ma route était la musique sauvage des oiseaux
que lâchait dans les airs ma bonté en chemin. 

Je ne fus portée par nuls navires croulant d'opulence,
et nuls tapis orientaux n'offraient mon corps;
Par dessus les navires mon visage apparaissait
sifflant dans la ronde simplicité des vents. 

Je n'ai pas pesé l'harmonie des ambitions triviales
que promettait ta main pleine d'éclats :
j'ai seulement pesé sur le sol de mon esprit léger
le tragique abandon qu'occultait ton geste. 

Ta dualité pérenne a marqué ma soif avide.
Tu ressemblais à la mer, résonnante et discrète.
Sur toi j'ai passé mes heures perdues.
Sur moi tu as passé comme le soleil sur les pétales. 

Et j'ai marché dans la brise de ta douleur déchue
avec la tristesse ingénue de me savoir dans la certitude :
ta vie était une profonde remontée de sources inquiètes
courant en un immense fleuve blanc vers le désert. 


Julia De Burgos- Traduit de l'espagnol par E. Dupas 
Photo Henri Coudoux©