lundi 18 septembre 2017

Ne te retourne plus
le soleil est désormais
l’ombre de ta vie

Ne t’arrête pas
ce feu tranquille brûlerait
tes dernières forces

Ne dors que debout
pour entendre encore
l’histoire qui tremble


Jean-Marie Berthier - " Ne te retourne plus"
Gif Net





lundi 4 septembre 2017



j’efface avec volupté
l’œil qui a déjà vu
les lèvres qui ont déjà embrassé
et le cerveau qui a déjà pensé
telles des allumettes
qui ne servent qu’une seule fois
Tout doit être réinventé

Ghérasim Luca
Photo Siausiau Susiki©



mardi 8 août 2017

Toute vie qui doit poindre
achève un blessé.
Voici l'arme,
rien,
vous, moi, réversiblement
ce livre,
et l'énigme
qu'à votre tour vous deviendrez
dans le caprice amer des sables.

René Char




vendredi 21 juillet 2017


Tu manques, si tu savais.
Tu manques à chaque instant. 
Chaque geste est incomplet. 
Chaque mot prononcé rencontre un silence. 
Chaque lieu traversé est vide de ton corps. 
Chaque regard est aveugle. 
Chaque minute est une morsure, un regret.

Philippe Besson

Photo M@claire©
Musée Rodin - Juillet 2017
Le Baiser





lundi 17 juillet 2017



Si tu veux me revoir, cherche moi sous tes pas,
Si tu ne me trouves pas du premier coup, garde courage !
Si je t'échappe à un endroit,
Cherche ailleurs, je me suis arrêté quelque part
Et n'attends que toi.


Walt Witman
Photo Sylvain Borsatti©










jeudi 13 juillet 2017



Combien de ports pourtant...

Combien de ports pourtant, et dans ces ports
combien de portes, t'accueillant peut-être.
Combien de fenêtres
d'où l'on voit ta vie et ton effort.

Combien de grains ailés de l'avenir
qui, transportés au gré de la tempête,
un tendre jour de fête
verront leur floraison t'appartenir.

Combien de vies qui toujours se répondent ;
et par l'essor que prend ta propre vie
en étant de ce monde,
quel gros néant à jamais compromis.

Rainer Maria Rilke


lundi 10 juillet 2017

Ciel, terre, mer
Où êtes-vous?
Dans ce rendez-vous
Où l'intime de nos êtres
Mêlé à vos êtres,
Dans un cœur à cœur de lumière,
Change les couleurs de la vie,
Les douleurs de nos vies;

Et puis
L'infini du regard...
Les yeux où le noir,
Fin brouillard des sentiments,
Qu'un azur aux traits de pigments,
Du pinceau des orages a repeint d'espoir.

Espoir si flou, si pur,
Fort comme vague
Fuyant aux bleus d'une blessure
Comme nues insaisissables,
Aux ors des marines de sable...

Comme voile qui s'étire
Et file,
Dans les ocres aux parfums de safran
Sur le jour qui tombe...

Et nous,
Dans l'irréelle vision rouge
D'un soleil de sang figé
Troué de lumière crue,
Aspirons une poussière dorée
Où mûrit une moisson d'éternité.

Magdeleine Michel