vendredi 19 août 2011

L’esprit raffiné

Quand j’examine, pour le meilleur et le pire,
Sur quoi mon amour a pu s’établir-
Une bouche en coeur, une belle musculature,
Un sourcil perplexe, une habile tournure
De phrases éprouvées comme le péché ;
Un menton en galoche, l’oreille effilée,
Une fine silhouette, et des yeux fendus,
Ni froids, ni bons, sans sagesse contenue-
Quand ainsi je sonde, en mon for intérieur,
Tous ces petits riens qui contentent mon cœur,
Ces vétilles prosaïques qui m’ont envoûtées,
Je m’éblouis de ma banalité.

Dorothy Parker

Photo/Maclaire@

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