mercredi 28 septembre 2011


(...)

Sur mes lèvres d'enfant chanta la terre; la mer
chantait doucement fouettée par mes mains innocentes.
La lumière, faiblement mordue par mes dents très blanches,
chanta; sur ma langue chanta le sang de l'aurore.
Tendrement dans ma bouche, la lumière du monde m'illuminait.
Toute la montée de la vie grisa mes sens.
Et les bois murmurants me désirèrent parmi leurs verts feuillages,
car la lumière rose était le bonheur dans mon corps.
C'est pourquoi aujourd'hui, mer,
la poussière de la terre sur les épaules,
encore imprégné de l'éphémère désir épuisé de l'homme,
me voici, lumière éternelle,
vaste mer infatigable,
rose du monde ardent.
Me voici face à toi, mer, encore...

extrait/MER DU PARADIS de Vicente Aleixandre
Photo/ Maclaire@

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