jeudi 1 septembre 2011

Prends mes jambes
Fais-en des roues
Prends mes roues
Fais-en des bolides
Prends mes bolides
Fais-en des éclairs
Fais en la folie
Saisis-moi au cou
Aux bras
Aux hanches
Aux reins
Aux pieds
Carresse-moi Pince-moi Baratte-moi
Fais que je tourne
Que je tourbillonne
Dangeureusement
Que je sue
Qu'haleine je ne puisse reprendre
Que d'écume je sois blanc
Que de sueur j'ordonne le grand déferlement
Mets en moi le mouvement
Le mouvement dansant
Guerrier
Bachique
Qui vipère le cou
Qui liane les bras
Qui négresse les hanches
Qui panthère les reins
Qui gazelle les pieds
Mets en moi le fabuleux mal
Des cadences
Cadences blondes
Cadences noires
Blondes d'offrande physique
Noires de musculature libre
Rouges aussi car le sang
Allume la saltation aux torches d'ossature
D'ossature
D'ossature
Change mon corps en outrance
Exagère mes bonds
Mes sauts
Ma sainte désarticulation
Ma transe d'énamourée
La course de mes doigts sur la peau tendue
des tambours
L'entrée violente de mes doigts dans les yeux
Du grand persécuteur
Désordonne mes membres
Tous mes menbres
Ne ralentis rien
Rien 
Rien
Dénoue mes entrailles
Souffle en elles
Ce sont des flûtes des saxophones
Pour bouches d'ouragan
Casse ma boule de nerfs à vif
Prête ma gorge à Dieu et à Diable
Donne-lui la voix rauque
Infernale et
Divine
Des fauves dépossédés
Arrose-la de vin
De vin âcre
Déchire de chants inouïs le palais de craie
Arrache ma langue!
Change en lumière en cravache
En knouts baveux
Plonge-la dans les mississipiques
Ne l'en ressors que battante
fouettante
nuitamment inondante
Dans l'alcool noie-la
Dans l'absinthe
Sans cascades
Celle des fous de malheur
Des femmes aux lèvres mortes
Rends-moi ma langue
Entre mes dents plante-la
Serre
Visse
Amour de langue
Langue énergumène
Démente mouillée écarlate
Bannière d'époumonement
Mère de mes chants
d'enfant sauvage
Partout découds-moi
Ne me recouds qu'avec des rayons
Solaires
Solaires
Solaires
Qu'avec des sagaies
Tribales
Tribales
Tribales
Qu'avec des stridences
Baroques
Baroques
Baroques
Tu es la horde
A cheval
Descendue des saignants monts de l'esprit
Et qui fait moulinet de tout songe
Et qui pille la raison!
La mathématique!
Multitude incendiaire
Sur tes bêtes qui sentent mauvais
Dont les sabots frappent le crâne
Tu dévastes magnifiquement
Magnifiquement.

Marcel MOREAU











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