samedi 1 octobre 2011

C'est ici que tu es à ton aise, homme enfin digne de ton nom, c'est ici que tu te retrouves à l'échelle de tes désirs.
Ce lieu, ne crains pas d'en approcher ta figure, et déjà ta langue, la bavarde, ne tient plus en place, ce lieu de délice et d'ombre, ce patio d'ardeur, dans ses limites nacrées, la belle image du pessimisme.
Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux.
C'est dans ce sillage humain que les navires enfin perdus, leur machineries désormais inutilisable,
revenant à l'enfance des voyages, dressent à un mât de fortune la voilure du désespoir.
Entre les poils frisées comme la chair est belle sous cette broderie bien partagée par la hache amoureuse, amoureusement la peau apparaît pure, écumeuse, lactée.
Et les plis joints d'abord des grandes lèvres bâillent.
Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d'un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti.
Que j'aime voir un con rebondir.
Comme il se tend vers nos yeux, comme il bombe, attirant et gonflé, avec sa chevelure d'où sort, pareil aux trois déesses nues au-dessus des arbres du Mont Ida, l'éclat incomparable du ventre et des deux cuisses.
Touchez mais touchez donc, vous ne sauriez faire un meilleur emploi de vos mains.
Touchez ce sourire voluptueux, dessinez de vos doigts l'hiatus ravissant.
Là, que vous deux paumes immobiles, vos phalanges éprises à cette courbe avancée se joignent vers le point le plus dur, le meilleur, qui soulève l'ogive sainte à son sommet, ô mon église.
Ne bougez plus, restez et maintenant avec deux pouces caresseurs, profitez de la bonne volonté de cette enfant lassée, enfoncez, avec vos deux pouces caresseurs, écartez doucement, plus doucement les belles lèvres, avec vos deux pouces caresseurs , vos deux pouces.
Et maintenant, salut à toi, palais rose, écrin pâle, alcôve un peu défaite par la joie grave de l'amour, vulve dans son ampleur à l'instant apparue.
Sous le  satin griffé de l'aurore, la couleur de l'été quand on ferme les yeux.

Extrait/ L.A Défense de l'infini.

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