vendredi 16 mars 2012


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Viens-t’en, encore un coup, jouir de toute vie
Dont seul tu concevras la constante abondance
Qui marque le retour vers toi, prémédité,
Des exaucements promis depuis l’enfance
Et retrouvés, finies les transes hivernales.
Tu fus souvent réticent dès l’abord
Craignant les dons faciles
Des faveurs sans gravité
Mais l’obstination des rites saisonniers
A vaincu tes refus et tes indifférences.
Tu as souhaité quiétude, et la voici venue.
Tous tes désirs se sont remis en marche
Vers des plaisirs menus acceptés de confiance
Et qui, soudain, de douceur t’extasient
Comme une promesse faite et différée
De vivre désormais sans vertu ni souffrance.
Oisif venu par chance, ou de travaux recru,
Tu peux aller sans effroi
Et sans te figurer vainqueur facile
Vers tous ces dons, objets inertes, plantes vertes,
Écorces, branches tendues,
Lichens de perle ou d’or,
Chairs chaudes où palpite la vie
Et qu’on ne garde en main
Que le temps d’en sentir chaleur.

Fernand TOURRET
Photo Net/ Vladimir Lestrovoy.

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