lundi 2 avril 2012



J’y pense et puis je crie !

On est toutes quelque peu pareilles
On a des envies de nouveauté, de sexe, de bien-être, à côté de la routine métro-boulot-dodo Envie parfois d’une vie de rechange
Kinoise ou italienne, parisienne ou somalienne
La preuve, quand on a mal dedans, l’effet est pareil
Quand on suinte de l’intérieur, larmes, sueur ou sang
Ce sont les mêmes couleurs, la même douleur
Je rêve d’une vie de rechange qui viendrait balayer tous mes soucis
Ceux liés à la situation politique et combien étouffante dans laquelle je vis dans ce monde-ci
J’étouffe de tant de manques
Envie d’être ailleurs, vivre les soucis d’ailleurs, trouver des amis d’ailleurs, avoir des merdes ailleurs
Plus ici. Bouger de là ! De la terre …
Vivre dans la mer, dans les cieux ou dans le sable
Ailleurs
C’est ainsi la loi suprême de la nature
Toujours partir.
D’abord quitter la quiétude du sein de sa mère, voir la lumière du jour, ouvrir les yeux
Ensuite quitter l’enfance avec son sommeil douillet, sa totale confiance en ses parents
En la vie qui vous portait et vous berçait
Avoir ses règles ! Tous les mois, suinter rouge
Douloureusement des fois, tranquillement parfois
Faire des choix : y aller ou pas, foncer ou laisser courir ?
Jusqu'à ce qu’en fin de compte, on fonce …
Toujours pour de bonnes raisons
Grandir. Aimer, les choses ou les gens, par rapport à soi
C’est la période ou par un juste retournement des choses, j’ai du porter ma vie avec ses ironies, ses joies éphémères, ses illusions et désillusions
J’ai découvert que dans la vie on se plante beaucoup, souvent
Il faut juste le reconnaître chaque fois que ça arrive, se relever et continuer !
Je me suis beaucoup plantée
Nos choix gouvernent nos vies. Un geste, un mot, on est lié
Nos mamans disent que ces serments sont indissolubles
Moi j’aimais Louis. J’ai aussi aimé Franc. Et bien d’autres encore
J’ai revu ces deux-là. Louis étant venu en premier, je me suis promise à lui
Cependant, il a suffi que Franc resurgisse pour que je réalise que c’est lui que j’aime plus que tout …
Galère !
Foncer ou laisser courir ?
Les serments prononcés dans l’incertitude ne devraient pas être pris en compte
Je ne suis pas ma mère
Je ne fais pas partie de la race des « politiquement corrects »
Je ne suis pas non plus radicalement une africaine exotique
Je vis le siècle du net, des portables et des Mc Do
De la mondialisation et de la pauvreté, des guerres et du terrorisme
Du Hezbollah et des génocides, de l’IVG et du HIV
Mon père, fonctionnaire de son état, fait tous les mois une gymnastique infernale
Pour que mes jeunes frères se nourrissent, se vêtissent et soient scolarisés une année entière, chaque année
Les grands n’ont qu’à se démerder !
Je rêve d’une vie de rechange qui viendrait balayer tous mes soucis
Ceux liés à la situation politique et combien étouffante dans laquelle je vis dans ce monde-ci
Je veux pouvoir choisir mes manques, mes merdes et mes embrouilles
Mes hommes, ma vie et ma destinée
Parce que je vis mon temps, pas le vôtre, pas le leur.
Je veux qu’on me laisse vivre !
Avec mes risques, mes hontes, mes rêves …
C’est ma vie, après tout.

Marie Louise Bibish Mumbu

Photo Net

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