mardi 29 mai 2012



Nous sommes tous des pèlerins redoublants.
L’essence du pèlerin est de redoubler.
On a laissé quelque chose en chemin, on veut aller le rechercher.
Quoi ? Ce n’est pas très clair, mais c’est impérieux.
Une sorte de vérité entrevue et qui s’est effacée avec le retour.
Une façon de vivre aussi. Les deux sont liés.
Quand on arrive, on n’en a pas terminé avec cette histoire.
Et, pour moi, et pour écrire (mais écrire et moi c’est tout comme), j’ai eu envie de faire,(...) le «vrai chemin», d’un bout à l’autre, depuis la maison, (...).
Un chemin qui soit vraiment le mien, suivant le tracé de mon existence.
Seule.
Je voulais comprendre.
J’aurais eu du mal à dire quoi.
Mais je m’aperçois, en me relisant, que c’était déjà mon idée depuis le début.
Ce rêve de solitude et de méditation jamais réalisé.
Cette recherche d’une vérité qui n’ose pas dire son nom.
Le chemin n’est pas fait pour aller vite d’un point A à un point B, il est fait pour se perdre, et perdre du temps.
Ou prendre son temps, si l’on veut.
Retrouver un monde à taille humaine et ses humains habitants.
Ses animaux et ses végétaux.
Chaque nouvelle erreur est une nouvelle rencontre, chaque pas sur un sentier en creuse davantage l’existence sur la croûte terrestre, et l’on zigzague autour de la modernité à quatre kilomètres à l’heure. À la vitesse (si l’on peut dire!) du pas humain.
Dans un autre espace-temps.
Le chemin nous fait vivre dans un monde parallèle.
À la fois tout près des villes, et au milieu de nulle part.


Alix de Saint-André En avant, route/ Extrait.
Photo Net

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire