vendredi 15 juin 2012



Ça fait un mois que je t’entends venir repartir et revenir partir. Un mois que ton ombre s’agrandit dans des voyages dans la cage d’escalier, que tu me donnes que tu prends des mots d'amour tes affaires, que tu pars ailleurs que tu prends les trains les avions les routes la porte. Que tu tournes à gauche au coin de la rue et que je t'attends que je t'attends que je te perds, que je t'attends que je te perds. Comme on lance un avion de papier au fond de la nuit. Un mois que t’as sacré le camp en oubliant sur moi déjà ici ton odeur,tes baisers ton écharpe et tes yeux doux tes sourires ta voix tes mégots qui s’éternisent là, comme des aiguilles plantées sur la peau de ma mémoire.

Un mois que le ciel porte la même chose, qu'il me chante tes louanges qu’il traîne ses nuages, ses nuages qui avancent comme des oies lourdes et fatiguées, ces oies qui gueulent comme je crie dans mon oreiller, comme je crie dans les traces laissées par ta main douce et tendre sur ma nuque par ta nuque. Un mois que j'écris contre mon encre mes mots fous d'amour que je crie contre les murs. Un mois que je te parle tout bas. Que je te parle comme on récite une prière un psaume un verset embué. Un mois que je te vouvoie pour dire je t'aime que je te tutois dans le vide au bord de mon coeur au bord de ma fenêtre. Un mois que le ciel, chaque jour, me fait des promesses surprend mon regard. Un mois qu’il m’entend épeler tous les noms que je te donne que j’ai pu te donner. Un mois que tu les accueilles qu’il acquiesce en souriant de bonheur poliment.

Un mois que je passe cigarette sur cigarette pour enterrer mes vertiges quand ça tangue trop  les tiennes, pour me fabriquer une aura de cendres, pour me faire enlacer par les volutes.
En t'attendant mon amour En attendant. Un mois que je prends ma patience en mal que je prends mon café au coin de la rue. Et j’ai écris ton nom sur tous mes papiers poésie sur les napperons de papier, pour apprendre à t’écrire en lettres détachées. Un mois pour faire de ton nom un cortège.

Excuse-moi si j’ai l’âme croche, si j’ai l’âme comme les murs de ma chambre, si j’ai la peinture défaite, si je suis  une image persistante un portrait oublié.
Tu as enfanté  un amour une rupture,  mon coeur mon amour.
Un mois à en finir avec mes ongles, à m’égrainer le bout des doigts, à salir de carbone quatorze la ligne trop discrète de nos amours.
Quelques heures quelques longues heures que tu fais un obstiné silence. 
Un mois que c’est fini.
Un mois que tout a commencé. 




Jean-Philippe PAYETTE Texte modifié par  M@claire  © en italique.

Photo Net 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire