jeudi 7 juin 2012



Ce n'est pas votre seul corps qui me tient, vous le savez depuis toujours.
Vous m'avez appris que la lumière ne se laisse pas saisir à la surface, mais qu'elle émane du fond et prend le temps de sourdre avant de rayonner.
Un long pressentiment, c'est ainsi que mon regard, suivant la voie que vous lui avez apprise, vient au-devant de vos chairs.
II n'y lit pas le déclin, mais les signes encore furtifs de votre éternité.
Votre beauté d'homme passe par vos rides et vos épaisseurs.
Votre lenteur fait partie de votre force, vos défaillances n'affectent pas votre puissance - d'amour comme de création. Elles sont insignifiantes : scories du soleil dans l'infini sidéral.
Entre vos doigts, face au monde comme à l'amante, ce n'est pas le phalle qui fait la loi mais vos pinceaux, inventeurs d'une chair inédite et révélateurs de l'esprit dans le désir et dans ses rêves.
Vous êtes entré dans la femme que je suis, vous m'avez prise et possédée bien au-delà des voies naturelles ouvertes à l'enfoncement et à l'enfantement: au coeur, il faut le dire, c'est là que vous régnez.

Là où vous êtes établi, jamais vous ne faillirez.

[...] Ce tremblement, cette angoisse, cette raréfaction, ce sens radical de l'inachèvement, ce n'est pas de la fausse monnaie pour prix de votre âge, mais quelque chose en vous du noyau de féminité que vous avez brisé en moi.
Je me développe dans le silence qui se développe en vous.
Je respire entièrement dans l'ombre que vous portez en vous et qui sature les corps auxquels vous donnez forme.
Vous avez fait de moi votre double féminin.

Louis-Combet Claude.
Photo Net

1 commentaire:

  1. superbe choix de texte !!
    comme j´aime ces pensées et ces vérités.
    Merci pour ce partage

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