dimanche 2 septembre 2012



« J’aime en vous cette douceur étrange, traîtresse, qui se transforme toujours en
haine. Comment vous ai-je choisi ? Je vous ai vu, de ce regard intensément sélectif – j’ai vu
une bouche qui était à la fois intelligente, animale et douce…curieux mélange ; un homme
humain, avec une conscience sensuelle des choses – j’aime la conscience -, un homme, je vous
l’ai dit, que la vie enivrait (…) Je croyais être amoureuse de votre esprit et de votre génie (je
vous ai lu ce que je pensais de votre esprit et de vos écrits) – avec June, c’est le chaos. Je
sentais que vous m’observiez. Je ne voulais pas de l’amour parce qu’il signifie le chaos, parce
qu’il fait vaciller l’esprit comme des lanternes sous le vent. Je voulais me montrer très forte
devant vous, je voulais être contre vous – vous aimez tellement être contre tout ! Moi j’aime
être pour. Vous caricaturez. Il faut aller vite pour caricaturer. Moi je choisis, j’aime – j’ai des
bouffées d’amour qui m’étouffent la nuit-, comme dans ce rêve que tu as esseyé de rendre
réel hier – oui, de clouer dans ton baiser dévorant »

Anaïs NIN /Extrait/Correspondance passionnée.

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