mardi 18 décembre 2012

Et les violettes elles-mêmes, écloses par magie dans l'herbe, cette nuit, les reconnais-tu ?
Tu te penches, et comme moi tu t'étonnes ; ne sont-elles pas, ce printemps-ci, plus bleues ? 
Non non, tu te trompes, l'an dernier je les ai vues moins obscures, d'un mauve azuré,
ne te souviens-tu pas ?... 
Tu protestes,
tu hoches la tête avec ton rire grave,
le vert de l'herbe neuve décolore l'eau mordorée de ton regard... 
Plus mauves... non, plus bleues... 
Cesse cette taquinerie ! 
Porte plutôt à tes narines le parfum invariable de ces violettes changeantes et regarde comme moi ressusciter et grandir devant toi les printemps de ton enfance...

COLETTE.
Photo net 

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