jeudi 24 janvier 2013



Il y a des jours
comme ça
où rien ne vient.

On attend le poème
le chant pur
qui naîtrait
dans le silence mordant.
On attend le frisson
à nos pulsations agrippé
ou terré plus loin
quand la parole
échappe.

On attend le souffle
le balbutiement
la note perdue
la voix vagabondant
en équilibre
entre deux mondes.

On attend le silence
l’écriture du silence
ou son illusion.
On aimerait être proche
de l'immense.
La rage au cœur
on attend l’espace étroit.

Un rythme alterne
force à s’immobiliser
à dériver
ancrage raté
entre les racines et la terre
griffures au-dedans
harpon de colère
rouge tapageur envahissant
rouge cris meurtrissures
rouge naufrage.

Se taire soudain
refuser le poème
et les mots envahisseurs
refuser la fièvre
attendre genoux fermés
le flux d’une marée froide
attendre pétrifiée
immobile parmi les pierres.

Il y a des nuits comme ça
où rien n’est conçu
mais où l'on continue
quand même vers l’avant…
par désespoir
par dérision
par crainte
peut-être.

AGNES SCHNELL
Photo Net

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