lundi 21 janvier 2013

Je tenais la lettre à la main et j'écoutais le chant du silence.
Longtemps après, car les secondes qui passaient avaient perdu leur message, je portais la feuille à mes lèvres comme il y a cinquante ans à peine,
lorsqu'on m'avait dit - c'était pour rire - que les fleurs coupées duraient plus longtemps dans leur vase si on leur donnait chaque matin un baiser. 
Je demeurai étendu sur le dos sans bouger, me gardant bien, par un geste inconsidéré, 
de redevenir moi-même,
avec tout ce que cela suppose d'expérience,
de dérision, 
de futilité et de raison.(...)

Extrait Romain GARY
Photo Net

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