jeudi 10 janvier 2013

Un jour l’amour vient.
Et l’amour ne vient pas. 
C’est la souffrance qui vient. 
Mais c’est pareil.
Car l’amour n’existe pas, mais le reste est encore pire. 
Alors il revient, l’amour, du fond du néant, du fond de la mer, comme une étoile, du fond du cœur, du fond du ciel, comme un silence.
Ton amour s’en va sur la mer. 
Ta mort s’en va sur la mer, sous ses hautes voiles, tandis que de la jetée, des coups de canons innombrables et réglementaires saluent l’appareillage. 
Les détonations sourdes saluent ton départ et de légers canons de fumées blanches s’élèvent des bouches à feu.
L’amour et la mort s’en vont. 
Ils vont toujours. 
Du pôle ou du tropique un jour tu surgiras. 
Nous sommes nés pour rien, mais nous sommes nés pour cette attente et, dans le soleil noir de cette absence, dans la volonté calme et patiente de cet événement précis, nous puisons nos forces. 
On s’en nourrit, de sa douleur, on s’en nourrit. 
La mort s’en va, mais nous, on reste. 
On attend.

Michel Bataille
Photo Net

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