mardi 23 avril 2013


Je viendrais comme le silence prudent.
(Je ne sais qui disait cela.)
Sous une lune de nacre ou de feu,
dans l'immense flamme ou au fond du froid,
dans cet œil profond qui veille
pour éviter les lèvres quand elles brûlent.
Je veux réussir, je veux dire que toujours,
que sur le mont en croix je vends la vie,
je vends cet imprévu qui supplée aux regards
ignorant que le rose est mort et à jamais.

Vicente Aleixandre/ extrait/Des épées comme des lèvres (1928-1929)
Photo Net

2 commentaires:

  1. Eh bien. Voilà un coup d'épée, ou de langue, qui me transperce.
    Comme celui d'hier. Et celui d'avant!
    Tes textes sont ma providence, ma goutte de rosée qui me rend vie chaque jour.
    Merci.

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  2. @ Ludie j'en suis ravie.....et très touchée.

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