mardi 10 septembre 2013

(.....) J'ai profité des derniers jours de soleil, déjeuné dehors aux terrasses des cafés, repoussé comme tous le monde le moment où il faudrait enfiler des collants. C'est pareil tous les ans, on finit par croire que l'hiver ne reviendra pas. Un matin, on attrape un pull avant de sortir, on ne sait pas encore que quelque chose a changé, qu'il y a dehors cet air humide, qu'on avait presque oublié, qui transperce la peau. Le soir en rentrant on allume le chauffage, pour la première fois. C'est à ce moment précis, tandis que cette chaleur sèche se diffuse à travers la pièce, dans le ronronnement de la chaudière à gaz, qu'il faut se rendre à l'évidence. La nuit est tombée et quelques gouttes frappent au carreau. On appelle ça la rentrée.
Rentrer d'où, je te le demande, de quoi revient-on encore vivants, de quel été, de quel ennui?
(....)
Et puis ce sentiment de lassitude, à cause de tout ce qu'il reste à faire, ces lendemains opaques qu'on a devant soi. L'année commence en septembre quand il faut reprendre le métro, faire développer les photos, quand il faut sortir les pulls des placards.

Delphine De VIGAN / Extrait/ Un soir de décembre.

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