jeudi 31 octobre 2013


Il n’y a pas de vague plus fatale que la mer ;
pas d’arbre plus illustre que la forêt.

Ni du limon, ni de l’étoile ;
nous tenons de l’un et l’autre à la fois.
Les contraires embroussaillent nos chemins ;
notre avance se réalise à la lente cadence du choix.

Le souffle court, nous ne marchons que par étapes ;
le regard impatient, nous ne savons pas séjourner.
Avancer, reprendre joie, défier l’obstacle,
peut-être le vaincre, puis aller de nouveau : tels sont nos possibles.
Aimons les rayons d’un soleil menacé ;
qu’il nous soit cher l’étang qui retient sa part de ciel.

Incertains de nos sources, qu’aurons-nous à livrer à la nuit ?
Peut-être ces lueurs qui dénoncèrent l’opaque, peut-être
la trace bleue d’un bonheur qui fuit.

«L’amour est toute la vie »,
Il est vain de prétendre qu’il y a d’autres équilibres.
Le dénué d’amour trace partout des cercles dont le centre n’est pas.

Ceux qui s’aiment dénouent, en leur saison privilégiée,
toutes les amarres.
Étrange et doux espace.
S’entremêlant, les fleuves chantent déjà la mer.

Le coeur se rit de l’absurde.
Sa vérité est au midi des contradictions.

Regarder, écouter, c’est un peu la même chose :
une attention passionnée à la transparence de l’ami.

Andrée Chedid

2 commentaires:

  1. Interroger la vie
    Interroger le temps
    Refuser de courber
    Sinon dans la tempête
    Pour mieux se redresser
    Tenir debout s'aimer
    D'être et de résister
    À ces compromis d'âmes
    Vendues au plus offrant
    De la finance obscure
    S'insurger par l'esprit
    Et sourire à la vie...

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    1. Oui Eschylle, du moins, essayer cette réponse là...

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