vendredi 23 mai 2014

La différence est grande entre fragilité et sensibilité. La sensibilité aime frémir, vibrer, s’exalter. La fragilité a peur de se briser.
Quelqu’un de fragile craint d’être fragilisé davantage : il faut donc le ménager, le rassurer, l’entourer. Un être sensible ne cherche nullement à se protéger, il reçoit en permanence tous les souffles de la vie.
La fragilité rêve de solidité. La sensibilité déploie sa musicalité.
Assurément, l’espèce humaine est précaire, et le genre humain, particulièrement insensible.
Mais l’être spirituel s’avère puissant : éminemment sensible, non point fragile.


Jacqueline Kelen, Impatience de l’Absolu, Face au genre inhumain, 2012
Photo: Patrick Lichfield


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