lundi 18 août 2014

Un hiver a Luino

Tu t’étends et respires parmi les couleurs.
Dans le golfe tumultueux,
dans les amas de charbon hérissés au soleil,
étincelante et abandonnée,
l’extrémité du bourg.
Ton cœur, je le cueille
si, dans la hauteur du silence je suis ému
d’un murmure de gens par les rues.
Mort aux couchants de brume d’autres cieux
je survis en tes soirs célestes,
aux rares bateaux à la brune
fleuris de guirlandes lumineuses.
Quand tu te plies au sommeil
et que tu donnes le rythme des sabots et des chansons
et que je m’attarde égaré à tes croisements
tu allumes pour moi dans l’obscurité d’une place
une lumière apaisante, une vitrine.
Je fuirai quand le vent
investira tes rivages ;
les familiers du port savent comme est vain
le rempart des jours lisses.
Pays, fouillé la nuit par les phares,
bordé de l’insomnie vagabonde des feux
dans la campagne
du tumulte affaibli de lointaines
locomotives vers la frontière.

Vittorio Sereni

Photo 
M@claire © Lac Majeur/08//2014


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