mardi 12 mai 2015



Au sortir d’un grand livre vous connaissez toujours ce fin malaise, ce temps de gêne. 
Comme si l’on pouvait lire en vous. 
Comme si le livre aimé vous donnait un visage transparent - indécent : on ne va pas dans la rue avec un visage aussi nu, avec ce visage dénudé du bonheur. 
Il faut attendre un peu. 
Il faut attendre que la poussière des mots s’éparpille dans le jour.


Christian Bobin


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire