vendredi 15 mai 2015



J’aime quand tu te tais, parce que tu es comme absente,
et tu m’entends au loin, et ma voix ne t’atteint pas.
On dirait que tes yeux se sont envolés,
et on dirait qu’un baiser t’a clos la bouche

Comme toutes les choses sont remplies de mon âme,
tu émerges des choses pleine de mon âme.
Papillon de rêve, tu ressembles à mon âme
et tu ressembles au mot : mélancolie.

J’aime quand tu te tais et que tu es comme distante.
Et tu es comme plaintive, papillon que l’on berce.
Et tu m’entends au loin, et ma voix ne t’atteint pas:
laisse-moi me taire avec ton silence.

Laisse-moi aussi te parler avec ton silence,
clair comme une lampe, simple comme un anneau.
Tu es comme la nuit, silencieuse et constellée.
Ton silence est d’étoile, si lointain et si simple.


 Pablo Neruda


2 commentaires:

  1. Papillon: billet doux plié
    cherchant une adresse de fleur.

    - Jules Renard.

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    1. @ Anonyme...vous avez de la chance...Normalement je ne "publie" pas les commentaires....anonymes. Le vôtre est si joli que je n'ai pu resister.....
      à le poster à cette adresse....

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