vendredi 24 juillet 2015


Tu ouvrirais ce carnet. Tu verrais qu’il serait question du ciel, de cette part du ciel qui reste en nous, électrisée, nocturne, sauvage, inaliénable. Tu verrais sur le bleu de ces pages la blancheur d’une étoile, qui est aussi celle du sel, du feu.

Des mots passeraient sous tes yeux, dans le matin de tes yeux. Un mot comme celui-là : « âme ». L’âme. Un linge frais de soleil, amoureusement plié. Un drap d’or pour la couche des amants, liséré de noir, brodé avec les initiales conjointes de l’orage et de l’aurore.

Tu lirais encore plus loin. Vers d’autres mots. Tu lirais ces mots précieux, ces mots ruisselants, les mots princiers, ceux du désespoir, ceux, les mêmes, de l’espoir.


Christian BOBIN


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