samedi 10 octobre 2015

Entre amants, il n’y a que les coups et les caresses. 
Tout ce qui n’est pas baisers fait blessures. 
Et plus que tout, plus que les poings, plus que les mains ferrées de couteau, les paroles blessent.

Les amants sont engrenés pour jamais chair à chair.
La parole de l’Écriture est imprescriptible, qu’elle bénisse ou qu’elle tombe à malédiction : voici la chair de ma chair.

Quand tous les ressorts ne s’entendent pas, joint à joint, la vie de l’un fait scie de toutes ses dents sur la vie de l’autre.

À la fin, cet homme et cette femme qui se sont aimés, ne sont plus qu’une plaie qui suppure de rancune, ou deux ruines affamées, couturées en tous sens de marques et de cicatrices.
Les pires blessés, ceux qui s’aiment encore en se blessant, et ne cessent pas de se blesser tout en s’aimant. 

Pour les cœurs profonds, il n’est pas de divorce.

André Suarès


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire