mercredi 27 avril 2016



Anaïs,

Tout ce que je peux dire, c’est que je suis fou de toi. J’ai essayé d’écrire une lettre — sans y parvenir. Je t’écris sans arrêt — dans ma tête — et les jours passent et je me demande ce que tu vas penser. J’attends avec impatience de te voir. Mardi est si loin. Et pas seulement mardi — je me demande quand tu vas enfin passer une nuit ici, quand je pourrai t’avoir à moi pour un long, long moment ; c’est une torture de te voir ainsi quelques heures et puis de devoir te rendre. Quand je te vois, tout ce que je voulais te dire s’envole — le temps est si précieux et les mots sont en dehors de la question. Pourtant tu me rends si heureux — parce que avec toi je peux parler. J’aime ton intelligence, ta préparation à l’envol, tes jambes comme un étau et la chaleur entre tes cuisses. Oui, Anaïs, je veux te démasquer. Je suis trop galant avec vous. Je veux vous regarder longtemps et ardemment, ramasser votre robe, vous cajoler, vous examiner en détail. Sais-tu que je t’ai à peine regardée ? Il y a encore trop de sacré lié à ta personne.

Extrait correspondance Henry Miller - Anaïs Nin


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