jeudi 28 avril 2016


C’est d’abord le calme retrouvé dans le vert exotique
Le chant lointain des oiseaux à la cîme des flamboyants
Chuchotant les prières inaudibles presque inaccessibles
Je traverse pieds nus les allées de Bharathi Park au levé du jour
Je serre mes mains contre mon sari étoilé de jaune lumineux
Puis la mer parsème l’humidité sur ma nuque
Le sable est frais le vent ne se lèvera pas
Mon effort pour t’aimer poursuivre le bout de ma route
Je suis venue ici comme portée par un souffle
Je suis nombreuse et seule 
Alentour j'envoie mes vœux
Pour faire place à la joie
C’est ensemble que nous ralentirons le cœur
Cette nuit j’ai fait ce voyage à Pondichéry


M@claire©



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  1. ULYSSE

    Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,

    Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,

    Et puis est retourné, plein d'usage et raison,

    Vivre entre ses parents le reste de son âge !

    Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village

    Fumer la cheminée, et en quelle saison

    Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,


    Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

    Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,

    Que des palais Romains le front audacieux,

    Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

    Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,

    Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,

    Et plus que l'air marin la doulceur angevine.

    Du Bellay (1522-1560)


    L'INVITATION AU VOYAGE
    Mon enfant, ma soeur,

    Songe à la douceur

    D'aller là-bas vivre ensemble!


    Aimer à loisir,
    Aimer et mourir
    Au pays qui te ressemble!
    Les soleils mouillés
    De ces ciels brouillés
    Pour mon esprit ont les charmes
    Si mystérieux
    De tes traîtres yeux,
    Brillant à travers leurs larmes.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Des meubles luisants,
    Polis par les ans,
    Décoreraient notre chambre;
    Les plus rares fleurs
    Mêlant leurs odeurs
    Aux vagues senteurs de l'ambre.
    Les riches plafonds,
    Les miroirs profonds,
    La splendeur orientale,
    Tout y parlerait
    A l'âme en secret
    Sa douce langue natale.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux
    Dont l'humeur est vagabonde;
    C'est pour assouvir
    Ton moindre désir
    Qu'ils viennent du bout du monde,
    —Les soleils couchants
    Revêtent les champs,
    Les canaux, la ville entière,
    D'hyacinthe et d'or;
    Le monde s'endort
    Dans une chaude lumière.

    Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
    Luxe, calme et volupté.

    Baudelaire

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