mercredi 13 avril 2016

Je pourrais dire je t’aime comme on le dit.
Mais ce serait mensonge.
Je n’aime pas comme ça.
Le dire à la Prévert,
et ce serait « fenêtre » et encore « fenêtre » dans le grand mur du temps.
Mais je ne copie pas.
Ou comme Léonard « L’amour triomphe de tout »
et ce serait la fin des peurs.
Mais j’aurai l’air maline avec mes inconfiances !
Le dire en confidence,
de ciel à terre, à l’eau de rose ou de lilas.
Mais je fuis les arlequinades.
Des mots usés à ceux usants,
je choisis l’évadé, l’exilé, le rebelle.
Entre les miettes de faim, je veux la table mise,
la citrouille pour la soupe et le prince à vélo.
Les chaussures de danse sans le bal des vampires.
Je pourrai dire je t’aime
la consonne blottie entre l’air des voyelles.
Mais je respire large.
Alors je ne dis rien, pour que ce soit plus grand.
Ou je le dis à la manière des enfants,
infiniment,
dans le soleil ailleurs.

Ile Eniger





3 commentaires:

  1. Alors je ne dis rien pour que ce soit plus grand…

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  2. @ ulysse je ne vous connais pas, mais je vous le souhaite dans votre vie...

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