lundi 4 avril 2016


Ses mains bouleversent l’omelette du ciel
foudroient le vol désespéré des chouettes
et descendent un dieu de son perchoir
Elle s’avance la bien-aimée aux seins de citron
Ses pieds s’égarent sur les toits
Quelle automobile folle
monte du fond de sa poitrine
Vire débouche et plonge
comme un monstre marin
C’est l’instant qu’ont choisi les végétaux
pour sortir de l’orbite du sol
Ils montent comme une acclamation
Les sens-tu les sens-tu
maintenant que la fraîcheur
dissout tes os et tes cheveux
Et ne sens-tu pas aussi que cette plante magique
donne à tes yeux un regard de main
sanglante
épanouie
Je sais que le soleil
lointaine poussière
éclate comme un fruit mûr
si tes reins roulent et tanguent
dans la tempête que tu désires
Mais qu’importe à nos initiales confondues
le glissement souterrain des existences imperceptibles
il est midi.

Benjamin Péret in Le grand jeu, les odeurs de l’amour 



4 commentaires:

  1. Merci Douce pour ces odeurs de l'amour de B.Péret que je ne connaissais pas et pour cette photographie qui donne toute latitude à l'imagination.

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  2. @ ulysse... tout le plaisir est partagé !

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  3. M@Claire, il y avait longtemps que je ne m'étais pas arrêté sur vos posts…Votre blog est toujours aussi envoûtant!
    Quelle chance!

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  4. @ Ulysse Merci de vos encouragements !

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