mercredi 18 mai 2016


Nous allons jusqu’à croire aux choses
Nous les posons bien fermes sur nos chemins
Recueillir l’aveu enterrer nos défaites
Recoudre nos blessures patiemment
Alors on ferme les volets on déménage
On change de ville de maison
La peur s’oublie et la douleur - même celle qui efface les autres –
On ne répare rien pourtant
Chacun pille ses trésors d’espoir tente de déchiffrer l’alphabet des lointains
On connaît juste un peu plus le poids lisse des pierres
Quelques mots qui balisent le blanc

Mireille Fargier-Caruson


1 commentaire:

  1. "Nous allons jusqu'à croire aux choses…"
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    Les Sablonnières, une grande et belle maison de “maîtres“, un manoir peut-être, mais sûrement pas un château, juchée sur une modeste éminence, domine un petit parc de deux ou trois hectares, coincé au creux d’un méandre d’une rivière paresseuse, affluent de l’Allier. Je n’y ai pas retrouvé la description que fait Alain-Fournier du “Pays perdu“, ni l’ambiance dans laquelle Augustin Meaulnes y fait la connaissance d’Yvonne de Galais, mais le coup d’œil en est enchanteur et l’atmosphère des lieux bucolique.
    —J’espère que tu te plairas aux Sablonnières.
    —Certainement Monsieur. François m’en a déjà tellement parlé que j’ai compris qu’il aimait beaucoup votre maison mais que je ne devais pas espérer y rencontrer le fantôme d’Yvonne de Galais.
    —Cette maison, Stéphane, qui appartient à ma femme et à sa sœur, est un havre de paix. Je m’y sens comme chez moi, et beaucoup mieux qu’en ville car, Là, tout n'est qu'ordre et beauté,/Luxe, calme et volupté, pour reprendre ces vers de l’invitation au voyage. Tu connais, bien sûr ce poème? Eh bien, vois-tu, nous qui avons beaucoup bourlingué de par le monde, c’est paradoxal, mais c’est toujours ici que nous touchons au port. C’est ici, sans beaucoup bouger, que Inès et moi avons toujours trouvé paix, beauté et bonheur, notre luxe.
    Madame Meunier sourit à son mari et ajouta à mon intention : « Quant à Yvonne de Galais, elle est née, oui ! de l’imagination du poète, mais Isabelle, ma sœur, et moi, nous avons toujours feint de la croire l’une de nos aïeules ».

    Ulysse (Une rencontre au Pays Perdu)

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