lundi 6 juin 2016

Tout se perd et tout se confond, tout est léger, tout est fragile. 
On ne possède rien. 
Tout juste sans bouger quelques secondes de beauté, une patience ronde, sans désir. 
Un peu de bonheur sage passe ; on le retient entre le pouce et le majeur de ses deux mains. 
Il faut toucher à peine.
J'ai appris à toucher à peine, à effleurer. 
Je venais d'une immobilité complète, et ces gestes me convenaient.

Philippe Delerm - extrait - Le buveur de temps 


1 commentaire:

  1. C'est bien vrai:on ne possède rien!
    D'ailleurs que ferions-nous de notre bien?

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