lundi 27 juin 2016


Voilà, je suis là, 
j’écoute, je laisse le temps, 
dans sa fuite me courir après, 
je sais que de moi - à la fin -
il ne restera qu’un signe 
discret, lointain. 
Ça suffira.


Roberto Veracini
Photo M@claire  © / Marseille 10/2015

3 commentaires:

  1. Les voici mûrs, ces fruits d’un ombrageux destin. De notre songe issus, de notre sang nourris, et qui hantaient la pourpre de nos nuits, ils sont les fruits du long souci, ils sont les fruits du long désir, ils furent nos plus secrets complices et, souvent proches de l’aveu, nous tiraient à leurs fins hors de l’abîme de nos nuits … Au feu du jour toute faveur ! Les voici mûrs et sous la pourpre, ces fruits d’un impérieux destin. Nous n’y trouvons point notre gré.
    Soleil de l’être, trahison ! Où fut la fraude, où fut l’offense ? où fut la faute et fut la tare, et l’erreur quelle est-elle ? Reprendrons-nous le thème à sa naissance ? Revivrons-nous la fièvre et le tourment ?… Majesté de la rose, nous ne sommes point de tes fervents : à plus amer va notre sang, à plus sévère vont nos soins, nos routes sont peu sûres, et la nuit est profonde où s’arrachent nos dieux. Roses canines et ronces noires peuplent pour nous les rives du naufrage.
    Les voici mûrissant, ces fruits d’une autre rive. « Soleil de l’être, couvre-moi ! » —parole du transfuge. Et ceux qui l’auront vu passer diront : qui fut cet homme, et quelle, sa demeure ? Allait-il seul au feu du jour montrer la pourpre de ses nuits ?… Soleil de l’être, Prince et Maître ! Nos œuvres sont éparses, nos tâches sans honneur et nos blés sans moisson : la lieuse de gerbes attend au bas du soir. —Les voici teints de notre sang, ces fruits d’un orageux destin.
    À son pas de lieuse de gerbes s’en va la vie sans haine ni rançon. »

    …dernier poème dit-on de A.Léger (alias St J. Perse)

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  2. @ ulysse, rien ne peut plus me toucher qu'un poème de St John Perse. Merci, merci...merci....! Encore merci..!

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  3. J'ai pensé que les mots lointains de Perse répondaient assez bien à ceux de Veracini.
    Mais je ne parle que pour moi qui n'écoute guère plus que la fuite du temps…

    Merci pour le partage!

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