lundi 8 août 2016


Un jour elle réaliserait quelle était sa “vraie nature ”.
Quelle était la vie qu'il lui fallait mener. 
Celle qui lui convenait. 
Celle qui ne la heurtait pas. 
Qui ne la détruisait pas. 
Une vie de contemplation. 
Écrire. 
Lire. 
Sentir passer le temps.
Respirer le parfum de l'air. 
Être attentive aux variations de la lumière. 
Se laisser absorber par l'infini de la mer. 
Son immobilité parfaite. 
Ses reflets. 
Ses couleurs. 
Ses mouvements. 
S'adosser à la roche.
Toucher l'écorce des arbres. 
Effleurer le lichen. 
Guetter les moments où la lumière semble enrober chaque feuille, leur fournir un écrin translucide, les transpercer. 
Passer des heures sous le ciel en morceaux, lacéré de branches et d'aiguilles. 
Le vert des pins maritimes sous le bleu profond. 
L'apparition d'un oiseau. 
La beauté d'une fleur au milieu du maquis.
Les racines rampant sur la terre caillouteuse. 
Les ocres. 
Les ravins, les pics, les vallées. 
La poussière des sentiers.
Les parfums d'herbes sèches. 
L'air allant venant dans ses poumons. 
Son goût changeant au fil des heures du jour. 
Sa texture de nuit. 
Son épaisseur de pluie. 
Mais peut-être que tout ça, après tout, s'appelle seulement vieillir.

Olivier Adam / Peine perdue






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