dimanche 9 octobre 2016



Aux solitaires, je rends grâce,
solidaires de chacun mais à l'écart des foules.
Sur les évidences futures en avance souvent,
ils aiment de loin, à jamais séparés des places qu'on pavoise
par le dégoût qu'ils ont des victoires consommées.
Je rends grâce au poète en nous qu'une simple vague fascine,
à cette part résiduelle qui nous ressemble encore au bout de nos fatigues et des journées perdues,
à cette part que nous voudrions croire aussi irréductible qu'elle est rebelle aux injonctions des modes,
rétive aux rêves qu'on affrète pour nous perdre
et qui nous fait chercher des mots pour tenter dans la foule
d'aller réveiller en chacun le poète qui s'est tu.


Michel Baglin / L'Alcool des vents

Photo Anne Ripeau © Les coteaux de Gland (02)


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