Nous commençons toujours notre vie sur un crépuscule admirable. Tout ce qui nous aidera, plus tard, à nous dégager de nos déconvenues s’assemble autour de nos premiers pas.
La conduite des hommes de mon enfance avait l’apparence d’un sourire du ciel adressé à la charité terrestre. On y saluait le mal comme une incartade du soir. Le passage d’un météore attendrissait.
Je me rends compte que l’enfant que je fus, prompt à s’éprendre comme à se blesser, a eu beaucoup de chance. J’ai marché sur le miroir d’une rivière pleine d’anneaux de couleuvres et de danses de papillons. J’ai joué dans des vergers dont la robuste vieillesse donnait des fruits. Je me suis tapi dans des roseaux, sous la garde d’êtres forts comme des chênes et sensibles comme des oiseaux. (…)


 René Char - Le Poème pulvérisé
Tabeau Picasso - Hommage à René Char


Commentaires

  1. Il ne faut pas pleurer parce que cela n’est plus. Il faut sourire parce que cela a été, et espérer en ce qui sera.
    M.Yourcenar

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    1. @ulysse oui vous avez bien raison de nous rappeler ce bel écho! Merciii

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  2. Oh, vous savez bien Douce ce que pensait la grande Jane Austen: " On ne se garde d'une déconvenue pleine et entière qu'en se ménageant la ressource d'une petite contrariété…"

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