La poésie est-elle soluble dans le café
La poésie n'est pas soluble dans le café
Noir le matin comme les premières nouvelles
Goût amer des drames de la nuit
Elle a besoin de couleur la poésie
Le noir n'est pas une couleur
Mais un cri
Café tremblé
Tache sur le poème
L'auréole absorbe votre rêve
Vous voilà à l'envers
Pestant comme une citrouille et son trop plein de Cendrillon
Vous partez en quenouille dans le travers du jour
Embrouillant vos pantoufles entre vos deux pieds gauches
Café à petites gorgées
Encore et encore
Vos mains par saccades lâchent votre cœur
Vos métamorphoses démaquillées renâclent à s'accoucher
Votre poème a des relents d'école primaire
Il annone
Quand je dis "votre" c'est une figure de style
Je suis en perdition et je vous en accuse
N'êtes-vous point sujet à ces maux du matin
Au café renversé et au casse biscotte
Moi ça me brise les capsules me déchire les filtres
Brésil ou Colombie il me faut renoncer
Promis juré
Demain je passe au thé



RépondreSupprimerDéjeuner du matin
Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier Sans me parler
Sans me regarder
Il s’est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis
Son manteau de pluie
Parce qu’il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j’ai pris
Ma tête dans ma main
Et j’ai pleuré.
Jacques Prévert (Paroles)
@Aramis... Merci pour ce rebond, toutes ces "histoires" de café sont bien jolies. L'association du "café" et de la poésie parle d'elle même...avec un rien, un quotidien simple... on fait un poème.
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